Ce mois de mai 2008, parmi les journaux et revues désormais estampillés "écologistes", vous remarquerez sans doute dans les kiosques le dernier numéro du magazine
féminin DS.
DS nous propose un "Numéro Ecolo" qui outre les lettres vertes de sa couverture, verdit à l'intérieur grâce à une livraison d'articles écologisants et un peu
"rebelles" (enfin, dans la limite de DS...). Vous lirez avec intérêt les pages Beauté consacrées aux cosmétiques bio, dans lesquels un pas transgressif est
franchi avec la remise en question des crèmes solaires (p 63). Heureusement (!), ni le groupe L'Oréal, ni Chanel, ni Sephora ne sont écartés de l'analyse très pointue sur la "cosméto dépolluante"
et les packagings plus durables... (p 57) Ouf ! L'honneur est sauf.
On l'aura compris dès l'introduction de ce dernier article "Plus besoin d'être bio pour être écolo!" Devise appliquée sans chichi à l'ensemble du magazine, qui regorge de ses annonceurs
habituels. Pas la moindre marque de mode éthique n'a été sélectionnée, à l'exception d'une page sur Pierre André Senizergues, le créateur détonnant d'Etnies. Au chapitre "sexe écolo", on
apprend également à "faire l'amour dans la nature" en compagnie du Kama Sutra en plein Air. Enfin, clou de l'exercice, une interview non commentée du ministre de tutelle,
Jean-Louis Borloo, citant Al Gore, Nicolas Hulot, le trou dans la couche d'ozone... et le Grenelle de l'Environnement ! Ajoutez à cela la parole savante de people : " La science, par exemple,
puise sa force dans la biodiversité" (Luc Besson, visiblement bien informé) et une dose d'entre-soi branché parisien avec le "Everyday is Environment by Entertainment" de Nadège
Winter, responsable de la communication du magasin Colette et experte mondialement reconnue du "Green Marketing"... Et nous y sommes ! Le bureau de vérification de la publicité (BVP) aurait tort
d'accabler les seules marques de lessives et d'automobile pour utilisation abusive de l'argument écologiste.
Avec soulagement cependant, une bouffée de fraîcheur de 4 pages se laisse absorber sans modération au milieu de cette expérience traumatisante : un reportage
sur les petites contortionnistes mongoles, qui travaillent dur dans leurs yourtes près d'Oulan Bator, avec l'espoir d'"une vie meilleure". Merci DS
!