Dans son édition datée du 18 septembre dernier, le Journal du Textile publie un article consacré à l'augmentation des importations de colorants interdits dans l'Union Européenne, notamment par le biais des importations de produits finis textiles.
Ce sont notamment les colorants "à base de benzidine" et ses "dérivés" dont la toxicité a été prouvée par des études anglaises réalisées sur des populations d'ouvriers de l'industrie de la teinture. 22 de ces "amines aromatiques" seraient cancérogènes. Le Journal cite le président de l'Unitex, Pierric Chalvin :"25% des teintures en provenance de Chine et proposées à la vente sur Internet contiennent des colorants interdits par l'UE". Or le dépassement de la concentration maximale autorisée dans ses produits en contact direct avec la peau ne concerne par uniquement la Chine, mais tous les pays exportateurs de textile : Inde, Brésil, Taïwan, Mexique...
Le Journal du Textile affirme que les études réalisées par la Fédération de l'Ennoblissement Textile ou l'IFTH depuis 2004 ont surtout épinglé les discounters (blanchissant au passage le reste des importateurs-donneurs d'ordre moyens et hauts de gamme...) qui seraient désormais sous l'observation de la DGCCRF. Toutefois, comme le souligne l'article "ils n'encourent qu'une faible amende"... certainement largement couverte par les marges tirées des ventes volumineuses. Quant à la "promotion des labels qualités" écologiques (sont cités : Ecolabel, Oekotex, Contact Peau), elle nécessiterait "une augmentation des effectifs douaniers".
Revenons à la source, problématique récurrente de nos temps modernes : comment peut-on demander aux foyers à faible pouvoir d'achat, principaux clients des discounters visés par l'étude de choisir un produit plus cher parce qu'il indique un "label de qualité" écologique ...?
Quid de la conscience des industriels et des marques ? S'agit-il seulement d'appliquer la politique du gendarme aux frontières plutôt que de responsabiliser en amont les donneurs d'ordre ?