Mercredi 26 septembre 2007
Dans son ouvrage consacré aux polluants chimiques et à leur impact sur la santé des enfants (et des adultes…), Anne-Corinne Zimmer évoque les dangers des polluants contenus dans les vêtements des enfants.
Premier danger : les phtalates. Ce sont les figurines de leurs héros préférés et autres logos en matières plastifiées, souvent collées sur les tee-shirts, sacs à dos, pyjamas, et qui s’effritent avec les lavages et sous la chaleur du fer à repasser qui contiennent des phtalates. L’auteur rappelle l’étude de Greenpeace à ce sujet (avril 2004 « Walt Disney présente Chimie chez Mickey. Substances toxiques dans les vêtements pour enfants de Disney »).
Deuxième danger : les composés perfluorés (PFC). Les PFC sont utilisés pour imperméabiliser de nombreuses surfaces et limiter l’imprégnation des tâches. Les vêtements et les accessoires de mode comme les sacs et les chaussures ne sont donc pas épargnés.

Phtalates et PFC participent à la dégradation de l'environnement de l'enfant dont le corps intègre progressivement des doses de plus en plus élevées de ces produits chimiques. Au programme : augmentation du nombre de cancers liés à un dérèglement du système endocrinien... Les statistiques sont terribles, et le silence des pouvoirs publics n'en est que plus inquiétant !



Pour en savoir plus :

Anne-Corinne Zimmer ; Polluants Chimiques Enfants en danger ; publié aux Editions de l’Atelier ; dans toutes les bonnes librairies en ligne.

La campagne de Greenpeace, qui date -déjà- de 2004  : Walt Disney présente Chimie chez Mickey. Substances toxiques dans les vêtements pour enfants de Disney.
http://www.greenpeace.org/france/press/reports/walt-disney-presente-chimie



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Lundi 11 juin 2007

Vous l’avez certainement vu en tête de gondole au rayon Economie de votre librairie ; Les aventures d’un tee-shirt dans l’économie globalisée paru dans sa traduction française chez Fayard il y a quelques semaines, mérite le détour d’Altermode. Professeur de commerce international et de finance à l’université Georgetown de Washington, Pietra Rivoli a mis ses compétences d’analyse au service du marché textile, livrant un ouvrage à la fois sérieux et facile d’accès.

Ce sont les manifestations d’étudiants altermondialistes en 1999 qui déclenchent le tour du monde de Pietra Rivoli. Le propos est découpé en quatre chapitres. Après l’histoire du marché du coton aux Etats-Unis, premier producteur mondial (chapitre 1), le coton arrive en Chine pour être transformé en tee-shirt (chapitre 2). Dans le troisième chapitre, l’auteur s’attarde sur les conséquences de la réglementation excessive du marché avant de s’intéresser à l’essor du recyclage (chapitre 4).

En bonne économiste américaine, Pietra Rivoli nous livre sa confrontation des réalités de ce marché avec ses principes libéraux. Parmi les questions sous-jacentes de ce livre : pourquoi ce marché n’est-il pas libéral, c’est-à-dire dénué d’entraves ?  Est-ce vraiment le libéralisme (i.e. la mondialisation « sauvage » montrée du doigt par les altermondialistes) qui est à l’origine des déséquilibres sur ce marché et des effets pervers qu’il subit ?  La libéralisation totale du marché ne serait elle pas justement sa planche de salut ?

Quelques idées clés de l’auteur

Sur l’Etat américain

Le chantre du libéralisme est responsable des maux du marché mondial du textile.

En surprotégeant la culture du coton au moyen de subventions (4 milliards de dollars soit « plus que le PIB de plusieurs pays producteurs de coton parmi les plus pauvres de la planète ») et d’une organisation particulièrement efficace (apports de centres de recherche scientifiques, super-mécanisation de la récolte, coopératives), les Etats-Unis conservent artificiellement une suprématie sur un marché totalement entravé.

Sur la politique des quotas

Sur le marché des fibres, accessoires et produits finis, le système de quotas mis en place dans le cadre des Accords Multifibres depuis 1974 a entraîné de nombreux effets pervers. Non seulement il n’a pas permis de sauvegarder les emplois aux Etats-Unis, mais il a aussi généré une baisse de compétitivité des entreprises américaines à cause des coûts supplémentaires liés aux barrières à l’entrée imposées par les organisations textiles aux importations de matières premières.

La « foire aux quotas » consistait initialement à accorder des quotas à certains pays plutôt qu’à d’autres pour certains articles. Résultat : les entreprises ont localisé leur production dans des pays différents au gré des quotas (Maurice, Maldives, Hong-Kong, Malaisie, Cambodge, Kenya, Lesotho…). Un jeu de réexpédition des produits initialement fabriqués en Chine  mais expédiés depuis un pays « autorisé » avec une étiquette frauduleuse a vu le jour. Ce système a permis à des pays exportateurs de s’enrichir en vendant des quotas à ceux qui en avaient besoin. Les accords multifibres ont ainsi créé une industrie textile dans certains petits pays « de toutes pièces ». Tandis que d’autres pays, n’ayant pas reçu de quotas de la part des Etats-Unis, n’ont jamais pu développer leur industrie textile.

Enfin, les blocages américains sur des fibres et produits « de base » ont été compensés par une créativité sans bornes en matière de fibres synthétiques du côté des entreprises chinoises, qui ont également cherché à monter en gamme.

Sur les sweatshops

Assurément il n’est pas question de s’apitoyer sur le sort des milliers d’ouvriers qui travaillent dans les sweatshops en Chine et ailleurs. Le travail dans les usines textiles est même une chance d’émancipation pour les paysannes chinoises.

Pourtant, on comprend que, de tous temps, le secteur textile a du son essor à une main d’œuvre bon marché, si ce n’est réduite à l’esclavage. Ainsi, aux Etats-Unis, le boom de la culture du coton au 19ème siècle est intimement lié à l’esclavage.

Si Pietra Rivoli nous livre des témoignages sur la pénibilité du travail dans le secteur textile, c’est pour mieux montrer en quoi ce travail peut mener à une libération de l’individu qui s’échappe de la société agraire traditionnelle pour devenir un véritable ouvrier indépendant en milieu urbain.

Sur l’Afrique

Si le secteur textile africain ne réussit pas à décoller, c’est que l’Etat ponctionne l’essentiel de ses revenus. Les fermiers africains n’ont pas accès directement au marché mondial du coton puisqu’ils sont obligés de vendre leurs balles de coton à l’Etat à un prix dérisoire.

Mais en Afrique, un marché libre s’épanouit merveilleusement : celui du recyclage – vêtements de seconde main, chiffons – des vêtements à peine portés par les habitants des pays riches et déjà démodés. Si les organisations caritatives ne parviennent pas à « donner » les vêtements aux populations africaines, de nombreux africains tirent partie de cette chaîne qui commence en Europe et aux Etats-Unis sous la forme de don désintéressé et s’achève sur un marché libre, comprenant importateurs et revendeurs en tous genres. Pour Pietra Rivoli, pas question de misérabilisme : les africains sont « mieux habillés » et ce commerce est « joyeux ».

Conclusion : un grand village

Le monde de Pietra Rivoli est un peu comme un grand village. Les Etats sont les « méchants » qui veulent imposer des barrières entre les hommes et les militants ou « activistes »  altermondialistes sont des naïfs idéalistes. Les entreprises ne sont presque jamais condamnables. Elles font ce qu’elles peuvent avec les contraintes imposées par les Etats. Quant aux salariés, ils sont capables de tout pour avoir une vie meilleure. Et c’est leur droit le plus élémentaire.

Les incidences du consumérisme au plan écologique sont passés sous silence : ni les dégâts de la culture du coton et de sa transformation en fibre sur l’environnement, ni la question du cycle infernal de la consommation textile ne sont évoqués dans ce livre.

En savoir plus :

La page de Pietra Rivoli sur le site de l’Université de Georgetown (Washington)

http://faculty.msb.edu/rivolip/

Quelques articles :
http://www.observateurocde.org/news/fullstory.php/aid/1425/Autour_du_monde_en_tee-shirt.html
http://www.alternatives-economiques.fr/lectures/L259/NL259_002.html
http://www.marianne-en-ligne.fr/selection/virtual/coupdegueule/e-docs/00/00/F2/E5/document_selection.phtml

Le Journal du Net nous livre un joli diaporama sur le voyage du tee-shirt :
http://www.journaldunet.com/economie/expliquez-moi/itineraire-tee-shirt/index.shtml

 

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Mardi 21 février 2006

Let My People Go Surfing

« I’ve been a businessman for almost fifty years. It’s as difficult for me to say those words as it is for someone to admit being an alcoholic or a lawyer. I’ve never respected the profession. It’s business that has to take the majority of the blame for being the enemy of nature, for destroying native cultures, for taking from the poor and giving to the rich, and for poisoning the earth with the effluent from its factories.”

Sous titrée The Education of a Reluctant Businessman, l’autobiographie d’Yvon Chouinard,  Let My People Go Surfing, qui devient dans sa deuxième partie une sorte de guide philosophique a été publiée à l’automne 2005, uniquement en anglais. Elle est disponible en France sur Amazon (The Penguin Book, 2005, 262 p).

Un sportif passionné de nature devenu homme d’affaires par nécessité

D’abord petit garçon et adolescent proche de la nature puis surfer, pêcheur et grimpeur au fil des saisons et des voyages, Yvon Chouinard fonde en 1965 avec sa femme Malinda la société de fabrication d’équipements pour la montagne Chouinard Equipements. Constituée d’une bande d’amis, l’équipe réalise alors un équipement d’escalade innovant et de la meilleure qualité. L’organisation du travail est calquée sur le rythme des voyages des uns et des autres – qui testent le matériel en conditions réelles, sur tous les pics de la planète – et sur les après-midi de surf en été.

Chouinard accepte mal son destin d’homme d’affaires et délègue l’activité en forte croissance à ses amis tandis qu’il parcourt glaciers, sommets et courts d’eau. C’est ce qu’il appelle sa « MBA theory of management » ou « Management By Absence »…Dans son livre, il compare le créateur d’entreprise et le délinquant qui tous deux affirment « This sucks. I’m going to do my own thing. » (p. 45). Chouinard veut travailler, certes, mais en s’amusant. Les produits de plus en plus élaborés naissent de l’expérience approfondie de la nature et du sport, les salariés peuvent travailler pieds nus, les embauches s’effectuent uniquement par cooptation (famille, couples, amis), les bébés dès le plus jeune âge sont gardés dans une nurserie au milieu des ateliers et bureaux, permettant aux parents de les nourrir et jouer avec eux pendant la journée…

 

Patagonia, une entreprise socialement responsable

En 1973, la « famille » Chouinard fonde Patagonia, du nom de la chaîne de montagnes surplombant l’océan Pacifique au sud du continent américain. Patagonia regroupe la production et la distribution de vêtements pour les sports extrêmes. Utilisant d’abord de nombreux textiles techniques innovants, l’équipe de Patagonia devient très rapidement sensible aux problèmes environnementaux. Dès 1986, 10% du résultat net avant impôts est reversé aux ONG. L’entreprise milite contre les accords du GATT, les OGM, le creusement de tunnels dans les Alpes, utilise du papier recyclé pour ses catalogues, les matières premières sont choisies en fonction de leur respect pour l’environnement. La croissance des ventes, trop forte dans les années 1980, mène à une crise sans précédent en 1991. Patagonia doit licencier 120 salariés. Chouinard décide alors de mettre en œuvre une croissance « humaine », à l’image des valeurs de protection de la nature qu’il impose, contre les effets désastreux de la croissance économique et démographique sur la planète. 

Des « philosophies » aboutissant à la création  en 2001 du 1% for the Planete

Philosophie de production, d’innovation, de distribution, d’organisation, de marketing, la démarche de l’équipe aboutit en 2001 à la création du 1% for the Planete, réunissant toutes les entreprises désireuses de reverser 1% de leur chiffre d’affaires à la protection de l’environnement. En échange, les membres utilisent comme élément de communication le logo de l’organisation. Bien sûr, comme le souligne Chouinard, certaines entreprises donnent plus. « You must be the change you wish to see in the world » termine Chouinard, citant le Mahatma Gandhi.

Retrouvez Patagonia sur son site :

www.patagonia.com

 

Une interview d’Yvon Chouinard sur le net :

http://www.grist.org/news/maindish/2004/10/22/little-chouinard/

 

1% pour la planète :

http://www.onepercentfortheplanet.org/

 

 

13 mars 2007

Du nouveau pour celles et ceux qui préfèrent lire en français...
La parution en français de "Homme d'affaires malgré moi : confessions d'un alter-entrepreneur" chez l'éditeur Vuibert.
Vous pouvez commander ce livre sur Amazon ou sur la site de la Fnac.

  

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